[Connexions] « A travers la Collection de l’art brut, c’est Lausanne qui est mise en avant »

posté le 15.04.2016 par Leila Klouche. Photos : Vanina Moreillon

Référence mondiale d’un art singulier de plus en plus à la page, la Collection de l’art brut fête cette année ses 40 ans, en pleine forme. Rencontre avec Sarah Lombardi, directrice d’un petit musée devenu grand qui attire à Lausanne des visiteurs de Tokyo et de New York.

C’est une belle année pour la Collection de l’art brut, qui célèbre ses 40 ans en grande pompe et présente sa deuxième biennale thématique. Depuis trois ans que Sarah Lombardi dirige l’institution, elle s’applique avec passion à en valoriser les collections. Un fonds exceptionnel de 70000 œuvres, qui ne cesse de se développer et de fasciner un public de plus en plus vaste. Aujourd’hui cotées sur le marché de l’art, les œuvres du genre se vendent à prix d’or et s’exposent à Venise et à New York. Mais loin de se laisser impressionner par les effets de mode, Sarah Lombardi poursuit la mission héritée de Jean Dubuffet.

 

Comment avez-vous découvert l’art brut et qu’est-ce qui vous plaît tant dans cette forme d’art en particulier?
Mon premier souvenir d’art brut remonte à mes 7 ans. Des poupées en tissu, plongées dans de la peinture et du sang, suspendues sous les toits du musée. Des œuvres de Michel Nedjar qui m’avait marquée en tant qu’enfant. Par la suite, en histoire de l’art à l’Université de Lausanne, j’ai eu la chance d’avoir Michel Thévoz comme professeur, premier directeur de la Collection de l’art brut, dont la passion était communicative. Et puis j’ai découvert la relation que l’on pouvait avoir avec des auteurs d’art brut dans le cadre d’un centre thérapeutique à Montréal, où j’étais coordinatrice d’exposition. C’est vraiment quelque chose de particulier, de très fort, que je n’ai pas retrouvé dans le milieu de l’art contemporain, par exemple. Il y a une dimension humaine intense qui me plaît beaucoup.

Est-il vrai que le musée de l’avenue des Bergières est une référence mondiale de l’art brut?
On peut même dire, sans être modeste, qu’il est LA référence mondiale. Nous sommes les seuls héritiers de la collection initiale constituée par Jean Dubuffet – qui est l’inventeur de la notion d’art brut – et le premier musée du genre à avoir ouvert ses portes. Par ailleurs, aujourd’hui, nous avons la collection la plus riche, avec plus de 70000 objets conservés, parmi lesquels des œuvres majeures d’Aloïse ou de Wölfi, figures emblématiques de l’art brut.

 

Lire la suite

 

Commentaires

Laisser un commentaire